Mestre Pastinha parle de la Capoeira

Mestre Pastinha parle de la Capoeira
Un jour on demanda au Mestre Pastinha ce qu'est la capoeira.. et lui, le vieux maître respecté demeura silencieux un moment, regarda au plus profond de son âme, et répondit tranquillement, sous forme de chanson.

La capoeira est un jeu, un jouet, c'est respecter ta peur, bien doser ton courage, c'est un combat, c'est le plaisir de l'élégance de l'intelligence.

C'est le vent dans la voile, un gémissement dans la Senzala, un corps qui tremble, un berimbau bien joué, l'éclat de rire d'un enfant, le vol d'un oiseau, l'attaque du serpent corail, le goût du danger dans la gorge, c'est rire devant l'ennemi, en agitant la main, c'est l'écho du cri de Zumbi dans les quilombos, c'est se relever de sa chute, avant de toucher le sol, c'est la haine et l'espérance, le coup porté au visage qui blesse le coeur, c'est aussi relever un défi, avec la volonté de combattre.

C'est un petit bateau abandonné sur les vagues de la mer, un petit bateau en pèlerinage abandonné à la dérive; sans but...

# Posté le lundi 14 août 2006 08:10

Modifié le mercredi 03 juin 2009 15:24

Histoire

Histoire
Apprendre à danser, se battre et chanter en même temps ? C'est possible et c'est brésilien ! Technique de combat camouflée en danse tribale, la capoeira connaît depuis quelques années un succès fou. Studyrama s'est penché sur cet étrange phénomène...

Par Stéphanie Marpinard

Une pratique née de l'esclavage

À l'origine, la capoeira est un art martial élaboré secrètement par les noirs du Brésil, à l'époque des révoltes et de la crise du système esclavagiste. Les esclaves, pour la plupart, originaires d'Angola, imaginent un moyen de combattre leurs oppresseurs. Ils s'enseignent mutuellement leur savoir et inventent une technique de guérilla. Les négriers, comprenant que les esclaves sont en train de développer un art martial d'une grande efficacité, l'interdisent immédiatement. Ceux qui sont pris à pratiquer cette technique sont, tout simplement, tués sur-le-champ ou gravement mutilés.

C'est alors que les esclaves ont l'idée d'exécuter ces mouvements sous l'apparence d'une danse. Les "maîtres" portugais n'y voient que du feu ! Certains rythmes joués au berimbau, l'instrument principal de la capoeira, préviennent les participants que leurs maîtres approchent et les esclaves se mettent à utiliser des mouvements plus souples, plus proches de la danse que du combat. La capoeira est née... Une fois l'esclavage aboli, la capoeira n'est plus nécessaire pour lier les esclaves entre eux. Son utilisation commence alors à dégénérer en une sorte de combat de rue entre bandes rivales, et l'emploi de lames de rasoirs devient chose courante.

Clandestine jusqu'à la fin des années 30, la capoeira est réhabilitée par le légendaire Mestre Bimba et devient une discipline à l'image des arts martiaux d'Extrême-Orient. Esthétique et empli de grâce, l'art de la capoeira caractérise, aujourd'hui, à l'instar du football et de la samba, le Brésil d'un point de vue culturel et sportif et a largement dépassé les frontières "auriverde".


La capoeira, version française

La France ne disposant pas encore de fédération, il est difficile de connaître exactement le nombre de pratiquants. Une chose est sûre, la danse de combat brésilienne fait désormais partie des sports à la mode et cet engouement dépasse largement le cadre des 5 000 ressortissants brésiliens recensés en Île-de-France. La grande majorité des capoeiristes est issue de la génération des 15-30 ans et provient de tous les milieux sociaux.
À la différence des autres sports de combats, la capoeira n'est pas un sport de contact. Les coups ne sont pas portés, et il n'y a ni gagnant, ni perdant. C'est un jeu, une synthèse de musique, de chant, de danse et de sport. C'est aussi, un art de vivre... Plus que la technique, il faut en comprendre la philosophie. Le professeur est le "maître", et on lui doit obéissance et respect. Il existe plusieurs formes de capoeira : la Régionale (version rapide), l'Angola (version lente), la Stylisée (version inspirée des rues), l'Acrobatique... Les méthodes enseignées varient souvent d'un maître à l'autre, selon le style d'école dont le professeur est lui-même, issu.
N'est pas capoeiriste qui veut...
La capoeira peut être considérée comme un sport ludique, mais sa pratique nécessite, tout de même, plusieurs années d'entraînement avant de parvenir à réaliser certaines figures. N'imaginez pas, par exemple, réussir au bout de quelques mois, à faire virevolter vos jambes pour repousser l'assaillant, en équilibre sur vos bras ou votre tête. Ces figures spectaculaires sont réservées aux plus expérimentés ! La capoeira reste une discipline acrobatique et très physique. Souplesse, rapidité, et agilité sont donc de rigueur. Sans oublier un certain sens du rythme ! N'oubliez pas que les combats se déroulent en musique, et qu'un capoeiriste apprend aussi bien à se battre, qu'à chanter et à jouer.
Chaque rythme correspond à un enchaînement de mouvements : "la danse à faire tomber", "la danse au sol"... Par ce biais, les musiciens influencent la rencontre entre les deux capoeiristes, la rendent agressive, calment le jeu ou décident de la fin du combat. Pour pouvoir progresser dans l'apprentissage de la capoeira, il est recommandé d'assister aux cours, au moins 2 fois par semaine. La capoeira nécessite un entraînement individuel pour travailler la souplesse qui s'acquiert par une pratique quotidienne, mais aussi par une répétition régulière des chants, indispensables au bon déroulement de la Roda. Les cours durent en général 2 heures et se composent d'un échauffement, de l'apprentissage des mouvements et se terminent par la Roda (début du jeu avec son adversaire).
Les écoles ne manquent pas dans la capitale. La danse brésilienne de combat se pratique dans une dizaine d'arrondissements de Paris et le prix varie selon les associations, l'âge et le niveau du capoeiriste, entre 8 et 13 ¤ le cours. Qu'elle soit exercée pour son plaisir personnel ou à haut niveau, la capoeira est le sport idéal pour apprendre à contrôler ses émotions. Autant dire qu'il est recommandé à tous les étudiants de pratiquer cette danse tribale sans modération !

# Posté le lundi 14 août 2006 08:25

Modifié le mercredi 03 juin 2009 14:36

Histoire (suite)

Histoire (suite)

La capoeira est une forme d'art martial pratiquée au Brésil depuis plus de quatre cents ans.

C'est une activité physique complète qui développe force, souplesse, équilibre et coordination.

La capoeira est avant tout un jeu mais aussi à la fois lutte où le corps devient une arme redoutable; et danse,
chorégraphie où l'élégance guide les mouvements aussi aériens qu'acrobatiques des participants.

Au rythme du berimbau, ceux-ci virevoltent à toute allure dans une ronde qui semble ne jamais se terminer quand la danse est rapide (style régional), ou collés au sol, toujours en mouvement, tout en feintes et en
ruses dans ce qui ressemble à du taï-chi à deux, au sol, très bas, quand le rythme est lent (style Angola).

Anciennement technique de combat secrète cachée aux blancs, la capoeira est maintenant un sport populaire chez les brésiliens de toutes condition, race, âge ou sexe. De plus, la capoeira a essaimé depuis une
quinzaine d'années dans la plupart des métropoles (dont Boston, New-York et Montréal).

Certains mouvements de capoeira vous rappelleront sans aucun doute un de ses dérivés les plus populaires: le break dance, développé à New-York dans les années 70 !

Alors que les arts martiaux asiatiques, judo, karaté, etc. sont basés sur des règles rigides et la discipline, la
capoeira se caractérise avant tout par l'esprit d'improvisation, les feintes, le sens du rythme et de l'esthétique... ce qui ne veut pas dire que la discipline en soit absente !

Règle générale, il n'y a pas de compétitions de capoeira ; il n'y a que des rencontres où se mesurent des participants de villes, d'écoles et de styles différents, sans gagnant ni vaincu.

La capoeira est un jeu avant d'être un sport. Le meilleur sera celui qui aura affiché la meilleure technique alliée à la meilleure maîtrise de soi: celui dont le jeu est le plus bonito (beau). Le but est de dominer le jeu, pas de vaincre l'adversaire. Pour obtenir un beau jeu, les participants jouent ensemble bien plus que contre l'autre.

Les capoeiristes forment une grande famille. Élément essentiel de la culture et du folklore de tout un peuple et d'un pays, l'histoire de la capoeira est un cri de liberté et une tradition dont ils sont les héritiers.
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# Posté le lundi 14 août 2006 08:33

Modifié le mercredi 23 avril 2008 03:51

La Roda

La Roda
"Roda" signifie tout simplement "Ronde".

Les capoeiristes participant au jeu forment cette ronde.
A l'intérieur de cette ronde, deux capoeiristes vont jouer. Pendant ce temps, tout le monde a un rôle !!!
En effet, ceux qui ne jouent pas, font la musique (indispensable, elle donne le rythme du Jeu !), soit en jouant des instruments (Berimbau...) ,soit en chantant et en frappant des mains.
Les autres capoeiristes qui souhaitent jouer au centre de la roda vont pouvoir "acheter" leurs places en plaçant leur main rapidement entre les deux capoeiristes qui jouent pendant ce temps. C'est le capoeiriste qui joue qui décide du moment où il va changer de partenaire.

Voici le déroulement d'une Roda :
- la personne qui dirige la Roda invite deux capoeiristes à ses côtés. Cette personne est généralement le professeur ou le Maître des capoeiristes présent.
- Ses derniers vont attendre que le professeur les fasses entrer par les "portes" de la Roda, situées de chaque côtés du professeur.
- Ils vont ensuite s'accroupir l'un en face de l'autre , se serrer la main, puis faire le "Respect" ( c'est à dire qu'ils vont tendre leurs mains vers le professeur qui va leur donner l'autorisation de jouer)
- Une fois le "Respect" accepté, le deux capoeiristes font une roue ( ou une acrobatie) et le jeu commence...

Elle sert à développer les techniques et tout le travail acquis pendant les cours. C'est ici que les capoeiristes vont jouer, danser, ruser, plaisanter ou régler ces comptes. Tous les Capoeiristes se réunissent et forme une ronde, la batteria (tous les instruments de musique) s'installe, c'est au pied du berimbau que partiront les capoeiristes 2 par 2. En face de la batteria doit se trouver un petit trou, où les gens sont écartés pour laissé partir les mauvaises ondes de la roda. Les musiciens comment, celui qui possède un berimbau commence une ladahinha (petite histoire chantée) puis tous le monde répond en choeur aux question du chanteur. C'est alors que les capoeiristes peuvent se lancer dans un jeu. Cette ronde créée un energie dont les personnes qui jouent au milieu profitent, plus l'ambiance sera chaude et intense, plus les capoeiristes se sentiront la force d'exécuté un jeu spectaculaire et rapide. Tous doit ce faire au rythme de la musique dont le berimbau commande.
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# Posté le lundi 14 août 2006 08:43

Modifié le mercredi 03 juin 2009 09:49

Batizado de Capoeira

Batizado de Capoeira
Le batizado (baptême) marque l'entrée de l'élève débutant dans le monde de la capoeira. C'est lors de cet évènement que l'élève recevra sa première ceinture. Selon la tradition, un des maîtres présents l'invitera dans la roda et lui attachera sa ceinture après avoir « joué » avec lui.
A ce niveau, il est important de faire un petit voyage dans le temps et de découvrir l'origine historique de cette cérémonie. C'est le grand Mestre Bimba (créateur de la « Capoeira Régional ») qui fut le premier à organiser un baptême dans son Académie à Salvador de Bahia. Pour Mestre Bimba « Batizar » un élève consistait à l'introduire, face à un « élève formé »de l'Académie, dans une roda dont la cadence était dictée par le « Toque (rythme) São Bento Grande » et lui attribuait un surnom à la fin de celle-ci. Une fois que tout le monde avait été baptisé, il y avait « la Fête des débutants »
Le baptême est une fête pour tous les adeptes de la capoeira. Il offre l'occasion de connaître des Mestres de Capoeira et des élèves des autres académies. Il ouvre la porte au monde culturel brésilien, un monde qui ne se limite pas uniquement à des mouvements de capoeira, mais qui comporte de la musique et une véritable philosophie de vie.

J'ai eu un commentaire d'Adri litaliano et que j'ai bien aimée de ce qu'il disait sur le baptême :
"le batême c'est aussi "DEVENIR" capoeiriste avoir son "nom de batême" exister pour de bon dans la grande famille des capoeristes et etre enfin reconnu parmi les élève d'un maître comme étant de tel ou tel grade..."

# Posté le lundi 14 août 2006 08:51

Modifié le mercredi 03 juin 2009 14:38